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White Mountain
Emma Charles
Artiste et cinéaste
ANTICIPATING
TRANSFORMING
Bien que les données soient souvent considérées comme immatérielles, elles nécessitent des serveurs pour les stocker. En explorant l’architecture d’un centre de données, White Mountain est une réflexion sur le temps numérique et géologique qui rend visible l’infrastructure permettant aux données d’exister.
Emma Charles, White Mountain, 2016

White Mountain est un court métrage de film de docu-fiction sur le centre de données Pionen.

S’ouvrant d’abord sur une exploration topographique du paysage urbain de Södermalm, le film pénètre petit à petit sous la surface pour dévoiler l’infrastructure de réseaux cachée.

Pionen est un ancien bunker de défense militaire datant de la Guerre Froide ayant été reconverti en centre de données par l’architecte Albert Frances-Lanord en 2008. Il héberge les serveurs de clients parmi lesquels ont figuré notamment Wikileaks et Pirate Bay. Situé à 30 mètres de profondeur, sous les roches de granite du parc Vita Bergen à Stockholm, le centre de données souterrain a été conçu à partir d’inspirations et de références directes tirées de films de science-fiction tels que Silent Running.

Moitié antre du méchant dans un James Bond, moitié vaisseau spatiale rétro- futuriste, des poissons et une verdure luxuriante coexistent avec les clignotements lumineux des systèmes de stockage de données. Jouant avec l’esthétique de la science-fiction et une narration poétique signée Jussi Parikka, White Mountain dévoile le lien entre les dispositifs numériques, les matières organiques et le temps profond ou géologique.

Une stratification de temporalités différentes se révèle à nous. Il y a évidemment la présence de données, qui se déplacent à la vitesse de la lumière à travers les câbles de fibre optique. L’emploi de la pellicule argentique fait ressortir l’aspect réel et matériel d’internet et du passage du temps mais vient aussi faire un clin d’œil à l’histoire cinématographique qui a servi d’inspiration à l’architecture du bâtiment. Finalement, il y a aussi le temps géologique de la roche et des strates dans lesquelles le bunker est encastré.

En collectant des sons vibratoires et électromagnétiques, de la face rocheuse au-dessus du centre de données jusque dans la salle des serveurs, l’artiste crée un paysage sonore qui révèle et transforme les réverbérations de cet environnement caché.

Elle travaille avec des approches expérimentales de l’image et du son en mouvement. Sa pratique, basée sur la recherche, navigue dans le domaine de la non-fiction tout en s’attaquant aux thèmes récurrents de la technologie, du capitalisme et du paysage. Jouant avec les lignes floues entre le documentaire et la fiction, son travail révèle souvent l’artificialité de l’environnement filmique et de notre expérience vécue.

http://www.emma-charles.com/

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JUIN 2020
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