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Le Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines
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LA CONFÉRENCE EUROPÉENNE DES SCIENCES HUMAINES, European Humanities Conference

La Conférence européenne des Humanités s’est tenue du 5 au 7 mai 2021, réunissant 112 intervenants (59 femmes et 53 hommes), provenant de 23 pays européens (mais aussi d’Amérique du Nord et du Sud, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie). Parmi eux, 20 % étaient des historiens, 20 % provenaient d’études littéraires, 14 % étaient anthropologues et archéologues, 14 % provenaient d’autres sciences humaines et 36 % d’autres sciences et arts. Plus de 800 participants ont également interagi avec les conférenciers, lors des débats ouverts au public.

La conférence a permis de couvrir un large éventail de thèmes de recherche, tant sur les approches stratégiques (comme la recherche multidisciplinaire ou les sciences humaines traditionnelles et nouvelles) que sur les préoccupations contemporaines (telles que les migrations, la santé ou la technologie), les projets présentés (comme BRIDGES et Global History of Humankind). De plus jeunes chercheurs ont poursuivi un programme autonome, tout en participant à l’ensemble de la conférence, et ont également présenté leurs propres réflexions.

Tout en engageant tous les membres du CIPSH, 80 des intervenants appartenaient à divers autres réseaux thématiques ou régionaux d’universités et de chercheurs, établissant ensemble une solide base de convergence pour des démarches futures. Cette convergence est exprimée dans la Déclaration de Lisbonne sur les Humanités, la Recherche Ouverte et l’Innovation, préparée par le CIPSH, l’UNESCO, la FCT et le Ministère portugais de la Recherche, de la Technologie et de l’Enseignement Supérieur. Elle est ouverte à la signature des départements, des centres de recherche, des institutions d’enseignement supérieur, des gouvernements et autre, et propose un ensemble ciblé de propositions pragmatiques et transformatrices. La déclaration, en plus de défendre la recherche ouverte et collaborative et la liberté des chercheurs et étudiants, en Europe et au-delà, propose une initiative transformatrice majeure : “veiller à ce que, du primaire à tous les niveaux de l’enseignement, y compris le doctorat, des unités de cours sur l’interaction entre les sciences et les humanités soient intégrées de manière transversale, renforçant ainsi la valeur de la connaissance universelle pour relever les défis sociétaux”. Cette déclaration a déjà été signée par un grand nombre de fondations, d’universités, d’académies et de centres de recherche, en Europe et dans de nombreux autres pays, et le CIPSH espère qu’elle contribuera à surmonter l’illogisme actuel et le clivage erroné qui est encore véhiculé par le système éducatif.

La déclaration peut être lue ici et les signatures peuvent être envoyées ici. La conférence a également approuvé plusieurs autres recommandations dans deux documents : le document du rapport final et le rapport du forum des jeunes, tous deux accessibles ici.

Discours de clôture de Adama Samassekou à la European Humanities Conference 2021, accessible ici.

SÉMINAIRE DE L’ACADÉMIE INTERNATIONALE CIPSH SUR LES CULTURES CHINOISES ET LES HUMANITÉS MONDIALES

JeMonde © Maud Louvrier Clerc

L’Union Académique Internationale (UAI) a entrepris d’organiser deux séminaires pour l’Académie internationale du CIPSH sur les cultures chinoises et les humanités mondiales, avec le soutien de la Chiang Ching-kuo Foundation for International Scholarly Exchange. Ces séminaires ont été conçus dès le départ comme des rassemblements en présentiel. Mais la pandémie de Covid-19 a rendu un séminaire physique impossible et nous avons donc organisé le premier séminaire sous forme de webinaire. Le thème de ce webinaire, qui s’est tenu les 11 et 12 novembre 2020 et qui a été organisé en coopération avec le Stockholm China Center, était “Ressources chinoises et européennes pour une éthique globale”. Quatorze articles ont été présentés lors de cette rencontre. Onze d’entre eux, plus deux papiers supplémentaires, sont en cours d’édition pour une publication prochaine. L’intention première était qu’ils soient publiés avant la Conférence Européenne des Sciences Humaines qui se tenait du 5 au 7 mai 2021. Malheureusement, cela n’a pas été possible. Comme tant d’autres projets, cette publication a été retardée par la pandémie. Mais elle est en bonne voie, nous sommes impatients de la présenter aux participants du deuxième séminaire qui se tiendra plus tard cette année.

Au cours de l’année écoulée, la pandémie de Covid-19 a affecté des vies dans le monde entier. Les différentes façons de gérer la pandémie, la production et la distribution de vaccins par exemple, soulèvent de graves questions éthiques qui relèvent du domaine de l’éthique globale. Le deuxième séminaire traitera de la pandémie et de l’éthique mondiale. Au cours des dernières années, les effets globaux du changement climatique ont suscité une attention et une inquiétude plus grandes que jamais. Il est également évident que le changement climatique et la crise environnementale augmentent la probabilité de pandémies. Ce deuxième séminaire traitera donc également de la crise environnementale dans le cadre du thème global “Défis mondiaux et éthique mondiale : la pandémie de Covid-19 et la crise environnementale”.

DURABILITÉ

Main Verte – Martigny (Suisse) © COSKUN

Le CIPSH a activement participé et endossé deux nouveaux outils mettant l’accent sur la contribution des sciences humaines pour repenser et améliorer les démarches visant la durabilité.

Le 31 mars, l’UNESCO a approuvé la création d’une nouvelle coalition de programmes, appelée BRIDGES. Elle vise à mettre en œuvre la stratégie définie dans les directives de l’UNESCO sur la science de la durabilité préparées en collaboration avec le CIPSH et approuvées en 2017.  

La nouvelle coalition s’appuie sur les principes alors approuvés :

  1. Ce qui est nommé ‘la science de la durabilité’ répond spécifiquement au caractère interdépendant et complexe des défis de durabilité naturelle, sociale et culturelle sévissant à l’échelle mondiale et locale. Le développement durable, tel qu’il est décrit dans l’Agenda 2030 des Nations Unies, concerne précisément l’interaction de ces défis.
  • La science de la durabilité vise à mobiliser, générer, diffuser et mettre en œuvre les connaissances nécessaires pour définir et atteindre la durabilité comme réponse aux défis nommés ci-dessus, dans le cadre de différentes échelles géographiques et temporelles. Ces connaissances comprennent les nouvelles technologies et les processus innovants.
  • Outre la production de connaissances, la science de la durabilité se concentre sur la résolution de problèmes, la compréhension des dilemmes et des conflits d’objectifs et d’intérêts, en vue de progresser vers des agendas politiques, des options politiques et des scénarios prévisionnels plus intégrés et cohérents qui tiennent compte de besoins à court et à long terme.
  • La science de la durabilité est une science transversale par nature, dont l’objectif principal est de rechercher une coopération complémentaire entre les sciences naturelles et sociales, les sciences humaines, les arts et, en particulier, d’assurer la participation de diverses parties prenantes non universitaires, par le biais d’un processus collaboratif de co-conception, de co-production et de co-gestion.
  • La science de la durabilité est fondée à la fois sur la liberté académique et sur la responsabilité académique vis-à-vis des besoins sociétaux.

6. La science de la durabilité requiert d’importantes nouvelles capacités de la part des scientifiques afin de développer l’analyse critique intégrée et anticipative ; la capacité de faire face à la pensée systémique, aux environnements changeants, aux risques et à l’insécurité ; et la capacité à reconnaître et à traiter des valeurs divergentes ainsi que des conflits d’objectifs et d’intérêts, de faire preuve d’empathie et de travailler de manière responsable et collective dans divers partenariats. Ces capacités doivent être renforcées par toutes les formes d’éducation.

BRIDGES a en outre adopté cinq principes spécifiques :

  1. La Coalition BRIDGES est centrée sur les humanités mais ne se limite pas aux humanités. Nous valorisons les approches contextualisées et diverses de la durabilité, et nous reconnaissons que les défis persistants sont souvent complexes et donnent lieu à des réponses parfois contradictoires. Nous encourageons les débats robustes dans les efforts pour relever ces défis.
  • Les partenaires de BRIDGES appréhendent la Terre comme système planétaire, non pas comme un réservoir de ressources, mais comme un réseau de significations et d’interactions qui est par nature complexe et pluraliste.
  • La Coalition BRIDGES est attachée à une compréhension critique de la durabilité qui met l’accent sur la diversité de ses sujets, objets et échéances.
  • BRIDGES travaillera à l’établissement d’un monde de nouvelles relations, basé sur des compréhensions convergentes et une co-conception entre les co-habitants de la Terre.

5. Les partenaires de BRIDGES s’engagent à adopter une approche éthique de la mobilisation et de l’utilisation des ressources.

Le CIPSH a également collaboré à la préparation de la Déclaration de Jena sur les sciences humaines et sociales pour la durabilité, qui souligne que “la conception et la mise en œuvre de voies culturellement et régionalement différenciées vers la durabilité mondiale exigent un engagement plus fort des sciences humaines et sociales et des arts.”


PRODUCTION CULTURELLE ET COMMUNICATION À L’ÈRE NUMÉRIQUE

Oeuvre numérique interactive The (Un)Veiled Gaze de Lamozé, Mémoire de l’Avenir, 2021.

Un projet de recherche collaborative de deux ans sur “la production culturelle et la communication à l’ère numérique” entre le CIPSH, l’Institut de Recherche en Sciences Humaines de l’Université de Californie (UCHRI) et l’Université Hangseng de Hong Kong (HSUHK) a officiellement débuté en janvier 2021.  Dirigés par Hsiung Ping-chen, David Goldberg (UCHRI), Desmond Hui (HSUHK) et le Tencent Center for Internet and Society, les préparatifs de l’étude avaient commencé dès août 2020, sponsorisés par Tencent. Il a été décidé que l’étude porterait sur la “littérature Internet” en Chine, théorisée historiquement et étudiée comparativement.

Outre la collecte de matériaux de source primaire et la consultation d’études secondaires, des entretiens réguliers sur le terrain ont été conçus et réalisés en chinois mandarin par le département des arts et du design de HSUHK, facilités par l’équipe du Tencent Center for Internet and Society (Derek Yue, Alice Liu, Henry Lee). Des enregistrements d’entretiens bilingues et bimensuels de deux heures avec l’éditeur, le directeur et l’auteur ont été produits à des fins d’archivage, et afin de dresser un profil authentique de l’entreprise Yuewen sur la littérature Internet chinoise, qui seront considérés et analysés avec les dossiers commerciaux et les rapports des médias.

Un article scientifique, intitulé “Creating a Reading Habitat ? Cultural Roots of the Chinese Internet Literature” par Hsiung Ping-chen a été présenté à la conférence sur “Les enfants, l’éducation et la technologie” à l’Université normale de Hangzhou les 22-23 avril 2021. Il révèle pour la première fois l’habitude de lecture rapprochée entre la littérature populaire chinoise traditionnelle et le théâtre, dans les sous-genres des romances, des romans d’arts martiaux, sous une forme séquentielle, publiée ensuite par des magazines et des journaux, préparant le terrain pour que la littérature Internet devienne rapidement virale au cours des dernières décennies.

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03
Vérité et Croyance
JUIN 2021
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